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Monaco, le 18 mars 2011
Chères Marraines,
Chers Parrains,
C’est l’Harmattan,
ce vent chaud et sec en provenance du
Sahara qui transporte du sable rouge et
de la poussière qui pénètre
partout, fragilise l’organisme et
favorise les épidémies de
méningites qui a accueilli notre
mission au Burkina Faso. Les grandes chaleurs
sont encore à venir, avant de laisser
place, de mai à septembre, à
la saison des pluies et au travail de
la terre. Au Burkina, les saisons rythment
la vie de 86% de la population : des cultivateurs
de sorgho, de mil, de maïs, de coton,
d’arachides, de niébé,
…

Au cours de cette mission,
j’ai été ravie de
rencontrer vos filleuls, les collégiens
et les lycéens, de visiter leurs
écoles et, pour certains, leur
famille, de m’imprégner de
leurs sourires et de leur gentillesse,
de leur motivation pour leurs études
et de leur soif d’apprendre. J’ai
été touchée par l’attention
et le dévouement de toutes ces
femmes qui travaillent à la pouponnière
de Guié et accueillent les enfants
orphelins de la région alors qu’ils
n’ont encore que quelques jours…..
Le
parrainage de projet

Les enfants de la pouponnière
de Guié se portent bien et, lors
de ma visite, 55 petits de 0 à
6 ans étaient accueillis. En 2010,
27 d’entre eux ont été
confiés à la pouponnière
par un parent, ce qui permet de garder
une trace ou un lien avec la famille et
d’envisager, dans le futur, un retour
de l’enfant auprès des siens.
Pour les orphelins de deux parents, la
réintégration en famille
est quasi impossible et ces enfants sont
placés en famille d’accueil
ou adoptés. Actuellement, 32 enfants
sont en famille d’accueil et suivis
par les éducateurs de la pouponnière.

Un quatrième pavillon
est actuellement en cours de construction
et permettra bientôt de créer
de véritables ‘entités
familiales’ accueillant de petits
groupes d’enfants âgés
de 2 à 7 ans sous l’œil
bien veillant de « mamans de substitution
». Les enfants se sont montrés
extrêmement curieux, gais et affectueux
et il était bien difficile de ne
pas s’y attacher !

Le
parrainage individuel
Visite
de la famille de Moussa Sawadogo (un lycéen
parrainé) dans son village natal,
à Samissi.
Vos 32 filleuls étaient
tous au rendez-vous et certains ont parcouru
plus de 30 km à vélo pour
venir nous voir. Malgré des notes
qui restent parfois faibles, les collégiens
ou lycéens que vous soutenez se
battent tous les jours pour réussir
leur scolarité. Une journée
type commence à 5 heures du matin
et se termine vers 23 heures. Les enfants
quittent la maison aux aurores, à
vélo ou à pied, pour commencer
les cours à 7 heures. Ils s’arrêtent
à midi et déjeunent avec
le « tô » (boule de
mil ou de maïs servie dans une sauce
aux gombos) à la cantine de l’école
ou rentrent chez eux (10 km aller-retour
à vélo sous la chaleur de
midi) pour préparer le repas, le
premier de la journée. Les cours
reprennent à 15 heures, pendant
deux heures. De retour à la maison
vers 18 heures, les jeunes s’attèlent
aux tâches ménagères
(puiser l’eau, préparer le
repas du soir, faire les lessives….)
et reprennent leurs cahiers de 20 à
22h30 pour réviser leurs leçons.
La plupart des jeunes
travaillent à la lueur de la lampe
de poche, d’autres retournent au
collège ou au lycée où
une classe éclairée est
mise à leur disposition.
A cause du manque de
collège au Burkina Faso, la majorité
de vos filleuls est obligée de
se rapprocher des villes en louant une
chambre ou en logeant chez un «
tuteur ». Pour les filles, nous
tâchons à ce qu’elles
soient accueillies dans des foyers pour
jeunes filles où elles sont moins
astreintes aux tâches ménagères
et aussi mieux protégées.
Les jeunes retournent en moyenne une fois
par mois dans leur village natal et sont
souvent les seuls de leur famille à
pouvoir aller à l’école,
surtout les garçons. Si les filles
sont assez nombreuses à aller à
l’école primaire (50%), peu
d’entre-elles ont accès au
collège car elles aident leurs
familles aux activités domestiques
et agricoles.
Les classes sont surpeuplées
surtout au niveau de la 6ème. Selon
les directives de l’état,
les classes ne devraient pas dépasser
70 élèves, cependant, la
réalité est bien différente
et l’on compte souvent plus de 100
jeunes par classe. Ne pouvant pas redoubler
en primaire, les enfants arrivent en 6ème
avec des bases insuffisantes pour entamer
le cycle secondaire. De la part des professeurs,
les travaux notés sont rares (une
fois par mois car cela implique des corrections
trop nombreuses) et les notes mensuelles
sont établies sur la base d’un
seul devoir. Si l’enfant a été
absent ou arrive en retard le jour du
contrôle, il sera sanctionné
(note de zéro). Certains enfants
ont un très bon niveau mais leurs
notes sont médiocres pour cause
de mauvaise conduite, de maladie, d’absence,
…. Les enfants n’ont pas toujours
la présence d’esprit (et
leur famille encore moins) de justifier
les absences ou, simplement, ils n’osent
pas poser des questions, interprétées
comme une remise en cause de l’autorité.
Comme vous le savez certainement,
Mission Enfance a financé la construction
du collège de Guié, ceci
afin de permettre un meilleur accès
à la scolarisation. Le collège
a ouvert ses portes au 1er octobre dernier
avec un effectif de 207 élèves.
Pour l’instant, ils sont répartis
en deux classes et seul le niveau de 6ème
est assuré pour cette année
scolaire. L’ouverture des autres
niveaux se fera progressivement et, d’ici
trois ans, le collège assurera
les cours sur la totalité du premier
cycle du second degré.
Malgré ces conditions
d’études difficiles, 60%
de vos filleuls réussissent leur
année et les enfants parrainés,
selon les constats de nos partenaires
locaux, parviennent à de bien meilleurs
résultats que ceux ne bénéficiant
d’aucun soutien. Sans votre engagement,
ces jeunes n’auraient aucune chance
d’entrer au collège, d’obtenir
leur BEPC, ce diplôme tant désiré
qui permet d’accéder à
une formation professionnelle comme celle
d’infirmier, d’aide-soignant,
d’enseignant primaire, d’électricien,
de cuisinier, …et d’espérer
en un avenir meilleur.
Aujourd’hui, d’autres
enfants attendent d’être parrainés
et, parmi eux, 17 collégiens ont
besoin dès maintenant d’être
soutenus financièrement pour pouvoir
être scolarisé cette année.
Le parrainage contribue, comme vous le
savez aux frais d’inscription du
collège, à l’achat
du matériel scolaire, au logement,
aux transports,… Je sais combien
il est parfois lourd pour vous d’assurer
votre propre parrainage, aussi, je joins
à ce courrier notre brochure parrainage,
si vous voulez bien l’adresser à
vos proches. Votre soutien transforme
leur vie et celle de leur famille.
Je vous invite à
consulter le site web de notre partenaire
burkinabé, l’Association
Zoramb Naagtaaba (AZN) ; il vous présentera
ses programmes et ses actions en faveur
des villages de la région de Guié
: www.azn-guie-burkina.org.
Pour les parrains soutenant
les collégiens, vous trouverez,
ci-jointes, une lettre de votre filleul,
en réponse ou en remerciement à
votre dernier courrier, ainsi que sa fiche
actualisée. Pour les parrains de
la pouponnière, je vous adresse
également, en annexe de ce courrier,
le rapport de l’AZN sur les activités
réalisées en 2010 en faveur
des petits bénéficiaires.
Je suis à votre
disposition si vous souhaitez d’autres
informations. N’hésitez pas
à m’appeler (+377 92 05 32
03).
En vous remerciant de
votre fidèle et précieux
soutien, je vous prie de recevoir, Chère
Marraine, Cher parrain, l’assurance
de toute notre reconnaissance.
Anne Danziger
Responsable parrainage
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