Actions dans les camps de réfugiés Syriens au Liban été 2013

900 familles réfugiées de Syrie vivent autour de notre centre d’accueil situé dans la plaine de la Bekaa au Liban. A chaque nouvel arrivant, nous distribuons l’aide d’urgence des « premières 24H00 » : une tente et 15 jours de nourriture. Ensuite, ils se regroupent, par clans ou villages d’origine de Syrie. Tous les jours nos équipes sont en contact avec eux, soulageant, autant que possible leur détresse. Afin de pallier à l’inaction des enfants nous avons créé des animations d’été.

250 enfants réfugiés ont passé leur été sous des tentes d’animation créées par Mission Enfance.

Tous les jours, ces enfants étaient encadrés par des jeunes et des enseignants qui leur donnaient des cours d’alphabétisation, leur faisaient profiter d’animations et leur donner une formation éducative à la paix. Certains ont même pu participer à une excursion vers les Cèdres, dans les montagnes du nord du pays.

Témoignage de Micheline, notre partenaire principal, sur ce programme estival :

« Choisir ce sujet d’éducation à la paix est d’une grande importance vue la situation actuelle des enfants, afin de pouvoir les soutenir dans ce qu’ils vivent pour gérer la violence qu’ils ont vécue en Syrie. La plupart des enfants souffrent d’un traumatisme en plus de leur situation actuelle sous les tentes, avec tous les manques qu’ils subissent.

Le premier sujet traité : comment regarder mon copain comme une personne et vouloir son bien ? Nous avons alors développé un esprit de coopération et d’amitié entre les enfants et nous nous sommes concentrés sur les points positifs de leur vie. Ce qui est constructif et significatif pour eux, tout en réfrénant tout passage à l’acte violent. Nous avons travaillé sur deux niveaux: au niveau des animateurs comme au niveau des enfants.

1- Au niveau des animateurs:

  • Un changement clair s’est manifesté dans leur comportement entre eux : plus d’ouverture et plus de dialogue. Ceci était très utile dans leur façon de s’entraider en réalisant ce projet. Avec les enfants, ceci a conduit les profs à résoudre les problèmes entre les enfants d’une façon paisible, à travailler sur la réconciliation et le changement des comportements surtout en cas de violence, et à trouver des moyens pacifiques pour aider les enfants à dépasser la différence.
  • L’interaction entre les sexes : certaines difficultés ont été aussi observées à ce niveau entre les professeurs. Suite à ce programme, nous avons mis l’accent sur la personne, ce défi a été relevé entre les professeurs, et ils se regardent avec plus de confiance et d’honnêteté mutuelle comme personne, au-delà de la différence sexuelle.

 2- Au niveau des enfants

Suite à l’expérience traumatisante que les enfants ont vécue dans leur propre pays, nous avons essayé de les faire sortir de leur souffrance surtout à travers le programme « éducation à la paix ». Tous ensemble, nous nous sommes engagés, grâce au soutien du centre du Bon Pasteur, à les aider. Et voilà les fruits de notre engagement en créant des ponts de paix :

  • Tolérance entre eux face à un comportement de violence: ne plus répondre à la violence par la violence mais chercher toujours à créer un pont de paix avec l’autre,
  • Echange de visite entre eux,
  • Echange de cadeaux entre eux et avec leurs animateurs afin de promouvoir l’esprit d’amour, d’amitié et de construire des ponts de paix entre eux,
  • Visiter les enfants malades quand ils sont absents des activités.

Voici quelques exemples :

1- Première expérience

Durant une activité, un des enfants est venu voir l’animateur pour lui dire que son copain l’avait frappé. Alors, l’animateur a saisi l’occasion, pour rappeler aux enfants l’importance de la gestion de la colère et du dialogue, en se basant sur l’histoire du : « le lapin qui veut vivre en paix ». Alors, l’enfant a pris trois grandes respirations, toute la classe de même, et les enfants ont retrouvé la paix en eux-mêmes. Ensuite un moment de dialogue a eu lieu en classe, et le problème s’est réglé. Puis à un certain moment, un enfant a réalisé que l’enfant qui s’est disputé avec l’autre s’assoit éloigné du groupe et n’arrive pas à suivre l’animateur, alors il lève la main et demande à ce que cet enfant soit plus proche de l’animateur.

2- Deuxième expérience (vécue avec Eid, la fête de la fin du Ramadan)

Dans une tente, j’ai remarqué la division sociale des familles. Ce groupe de familles venant de cette région est en guerre avec l’autre groupe de familles venant d’une autre région. Cela affectait beaucoup la relation entre les enfants. Ils se bagarraient toujours. J’ai alors mis les enfants des deux villages l’un à côté de l’autre et j’ai commencé à les questionner : Es-tu une personne ou un animal ? Et ton copain ? J’ai posé cette question à tous les enfants, à tour de rôle, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils sont tous des êtres humains créés a l’image de Dieu et que frapper l’autre n’est pas humain. A partir de ce jour, un grand changement a été observé dans leur comportement et dans leurs liens les uns avec les autres, engendrant une plus grande implication dans les activités. Un autre état d’esprit s’est emparé de la tente, et nos missions d’animation de l’été prirent ainsi tous leur sens. »

Camp réfugiés syriens BEKAA

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