Ecole pour les réfugiés syriens dans le camp de Domiz (Kurdistan d’Irak)

Depuis le mois de Mai 2013, 40 élèves réfugiés de Syrie, suivent un enseignement parallèle dans le centre scolaire créé par Mission Enfance dans le camp de Domiz, au Kurdistan Irakien. Zinar M., enseignant syrien, réfugié lui aussi, dirige ce centre. Il nous en dresse les premiers résultats.

Ecole du camp de Domiz

L’éducation en Syrie était d’un bon niveau. Au primaire, l’école était obligatoire pour tous et l’environnement familial propice à l’étude et à l’assiduité.

Cependant, dès le début de la guerre, les enfants manquaient les cours pendant de longues périodes, provoquant des lacunes importantes dans leur éducation pédagogique. Cela s’est aggravé lorsque les familles ont quitté leur demeure et fuit vers les pays voisins comme le Kurdistan d’Irak.

La différence entre les modèles éducatifs syrien et kurde perturbe les réfugiés syriens. Ceux-ci découvrent en Irak, de nouvelles matières telles que le Droit et l’Education Civique, la langue arabe et le Français. La langue Kurde, utilisée en Syrie, à l’oral et relativement peu à l’écrit, est écrite en lettres latines et non en arabe comme il est d’usage au Kurdistan d’Irak. D’où les difficultés d’apprentissage pour les élèves réfugiés.

Sous l’affluence des réfugiés fuyant leur pays, le camp de Domiz s’est rapidement trouvé surpeuplé. L’école subit les effets d’arrivée en masse de nouveaux écoliers et l’organisation du programme pédagogique devient chaotique : surnombre des effectifs par classe, difficulté à respecter le niveau de chaque élève, grand manque de professeurs spécialisés.

Dans de telles conditions, un enfant peut se faire une idée négative de l’apprentissage. Impossible pour eux de s’exprimer et de vivre leur enfance, dans un espace éducatif si peu approprié. Le décrochage scolaire induit des enfants qui commencent alors faire des petits boulots et à vendre des cigarettes, des cartes Korek et de l’eau minérale.

Les conditions de vie sous les tentes ne sont guère meilleures qu’à l’école. L’espace est réduit à une seule pièce où l’on dort, cuisine, mange, reçoit de la visite, joue aux cartes, fume et parfois étudie…

L’idée d’améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage pour ces enfants survivant dans des situations misérables, s’imposait.

Ainsi, l’ajout d’un centre d’accueil a été évoquée, dans le but de réduire l’effectif des élèves inscrits à l’école et de combler les lacunes scolaires de chacun pour les remettre sur le bon chemin.

Le Kurde, l’Arabe, l’Anglais et l’Art plastique, sont des matières sur lesquelles il faut mettre l’accent pour palier aux difficultés rencontrées par la plupart des élèves. Ces matières doivent être enseignées comme elles le sont à l’école publique car il serait difficile pour les élèves de changer plusieurs fois de manuels en cours de semestre.

Nous devons motiver les élèves en leur dispensant un enseignement ludique et enthousiaste. Par exemple, le matériel éducatif peut être consolidé par l’usage d’imagiers, de photos, de posters et d’enregistreurs audio. Grâce à ces outils, l’enseignant peut mettre en place un système d’apprentissage efficace et simple, lors de différents ateliers de travail individuel, en binôme ou en groupe. Ces activités peuvent être orales ou écrites.

L’encouragement par le biais de compliments faits aux élèves ou bien par la responsabilisation à certaines tâches comme la distribution des cahiers, l’effacement du tableau noir ou encore la nomination en tant que « chef » du groupe de travail, sont des facteurs de motivation efficaces.

Conserver un nombre raisonnable d’élèves par classe est important afin qu’ils puissent tous participer en groupe ou individuellement aux activités proposées en classe. Chaque élève est unique et aura une façon différente d’apprendre par rapport à ses camarades, en utilisant des capacités et des stratégies de travail personnel.

Pour que les enfants viennent au Centre Educatif l’après-midi, il est essentiel de les encourager à ne pas traîner dehors à vendre des articles ; Cela a une portée positive sur l’enfant et réduit le risque lié au travail infantile.

Contrairement aux tentes où il est impossible d’étudier, les enfants et leurs parents trouvent que ce Centre Educatif est un lieu inestimable où il fait bon apprendre, s’amuser et se faire de nouveaux amis… »

 

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